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🍕 Comment OSENT-ILS nous faire manger ça?🍭

  • Photo du rĂ©dacteur: Magalie Rameaux
    Magalie Rameaux
  • 16 avr.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 avr.

Tu manges souvent des aliments ultra transformés ?

Oui / Non

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Bon ok... on en entend très souvent parler mais, savez-vous vraiment de quoi il s’agit ?


On peut classer les aliments en 3 catégories : les aliments bruts, transformés et ultra transformés. Les aliments bruts c’est la nourriture telle qu’on la trouve dans la nature, les fruits, les légumes, les œufs, les pommes de terre etc… Les aliments transformés c’est de la nourriture brute qui a subi peu de modifications, les pâtes, le fromage, le pain artisanal, les conserves de poissons etc… Et les aliments ultra transformés c’est de la (merde) « nourriture » qui contient des substances que l’on ne trouve pas à l’état naturel, que ce soit des additifs, des conservateurs, des colorants, des exhausteurs, des épaississants etc etc… la liste est longue ! Et notre organisme n’est pas du tout prévu pour absorber et digérer de la chimie.



En plus du fait qu’ils soient tout prêts et faciles à manger, il faut bien comprendre que ces produits sont conçus pour exploiter les failles dans notre cerveau. La texture, les odeurs, le goût, le dosage du sucre, du sel et du gras, TOUT EST CALCULE pour nous rendre accros. On a même donné un nom à cet effet, c’est le Bliss Point. Concrètement, ce qu’il se passe quand on consomme ces produits c’est un déchaînement de dopamine dans notre cerveau. Résultat : on mange plus vite, on mâche moins, la satiété arrive tardivement et on a faim plus vite. Honnêtement, ça nous est tous arrivé de finir un paquet de biscuits ou de chips sans pouvoir s’arrêter. Et là il ne faut pas culpabiliser, c’est notre cerveau qui s’est fait hacker.


Et c’est prouvé scientifiquement. En 2019, le NIH a mené la première étude sur les effets de cette nourriture sur le poids. Deux groupes randomisés ont eu accès à deux régimes parfaitement appairés. La différence c’est que le premier groupe mangeait de la nourriture brute ou peu transformée et que le deuxième groupe ne mangeait que de la nourriture ultra transformée. Les participants pouvaient manger à volonté. Et le résultat fut sans appel : le groupe ultra transformé a mangé en moyenne 508 calories de plus par jour que l’autre groupe, entraînant une prise de poids de presque 1 kilo en seulement 2 semaines contrairement aux autres qui ont perdu presque 1 kilo sur la même durée. Et ici, on ne parle que d’effets à court terme. Dans mon métier je vois les effets sur le long terme et ils sont dévastateurs. Obésité, inflammations intestinales, maladies, troubles du comportement alimentaire et j’en passe.


L’exemple le plus parlant c’est la population américaine. Elle consomme en moyenne 60% de ses apports journaliers en nourriture ultra transformée. Et les USA sont souvent cités comme la référence mondiale de l’obésité. Le problème, c’est que nos modes de consommations sont calqués sur les leurs et que cette « épidémie » d’obésité ne cesse d’augmenter en France. D’ailleurs aux Etats Unis, sous l’impulsion du secrétaire à la santé Robert Kennedy, la chasse aux produits ultra transformés vient de commencer. Par des campagnes de sensibilisation et des changements de menus dans les écoles. Un premier pas encourageant, s’il peut perdurer. L’industrie agroalimentaire génère environ 1900 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an, pas sûr qu’elle laisse faire.

Quand on pense « ultra transformé », on se dit souvent beaucoup de gras, beaucoup de calories donc ça doit être nourrissant. Et c’est là qu’il faut bien faire la différence entre les valeurs nutritionnelles et les valeurs nutritives. Car ok, en valeurs nutritionnelles, l’ultra transformé c’est généralement haut, mais la réalité c’est qu’il s’agit en majorité de calories « vides ». Pas vides d’énergie, mais vides de nutriments indispensables à la santé. Donc on ingère ces calories sans apporter au corps ce dont il a réellement besoin pour fonctionner, que ce soit pour l’immunité, l’énergie ou la synthèse hormonale.


Pour les reconnaître, il faut apprendre à lire les étiquettes. On pense souvent aux bonbons, biscuits apéro ou au snacking, mais certains produits sont beaucoup plus trompeurs. Les produits lights, sans sucre ou zéro % contiennent des édulcorants, des exhausteurs de goût, des épaississants, des émulsifiants… et le pire c’est qu’ils ont souvent un nutri score A. Certains steaks hachés aussi contiennent des ingrédients ajoutés comme de l’amidon, du sucre, des colorants ou des exhausteurs, alors qu’on s’attend simplement à de la viande. Et vous, vous croyez bien faire en achetant un steak haché et regardez la composition !


Mon conseil reste simple : privilégiez des produits avec une liste d’ingrédients courte, vérifiez toujours la composition et méfiez-vous des mentions marketing. Faire une liste de courses peut vraiment aider à éviter les achats impulsifs, tout comme éviter de faire ses courses en ayant faim, parce que là, votre cerveau disjoncte et vous vous retrouvez avec n’importe quoi dans le caddie. L’idéal reste de privilégier les aliments bruts ou transformés et de garder l’ultra transformé pour des occasions plus rares.


Si tu veux plus d'information, voici ma dernière vidéo YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=Wmv5-Mbea_w&t=33s

 
 
Magalie Rameaux Diététicienne nutritionniste pour les prestations diététiques
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