NASH : la maladie du foie gras
- Magalie Rameaux

- 17 juil.
- 2 min de lecture

Un organe vital menacé par le sucre le gras...
Notre foie remplit des fonctions vitales indispensables : il filtre en continu les toxines, stocke et distribue l’énergie sous forme de sucre, assure le métabolisme des glucides, lipides et protéines, et produit la bile essentielle à la digestion. On peut légitimement l’assimiler à l’usine de notre organisme.
Pourtant, ce super-héros a un point faible : le gras. Un foie sain en contient très peu. Mais face à un déséquilibre entre apports caloriques et activité physique, l’excès d’énergie, comme le sucre, s’accumule sous forme de graisse dans le foie. Dès plus de 5 % de graisse, on parle de stéatose hépatique, ou plus communément de « maladie du foie gras ». En France, selon les données de la cohorte Constances (Inserm), environ 8 millions d’adultes seraient concernés.
Du foie gras à la fibrose et au cancer... les enjeux de notre mode de vie.
Si la graisse continue de s’accumuler, elle provoque une inflammation qui peut évoluer vers une fibrose (cicatrisation du tissu hépatique) puis, chez certains patients, vers une cirrhose irréversible après 10 à 20 ans. La cirrhose augmente fortement le risque de cancer du foie, l’un des cancers les plus meurtriers au monde.
Le foie possède une grande capacité de régénération, mais il garde les séquelles des inflammations passées. Ainsi, 90 % des cancers du foie se développent sur un organe déjà malade. La « maladie du foie gras » recouvre en réalité tout un spectre de pathologies qui peuvent rester silencieuses pendant des années.
Heureusement, seule une petite partie des personnes atteintes de stéatose évolue vers les stades les plus graves, mais cela représente tout de même plus de 200 000 personnes en France.
Les vraies causes : les maladies métaboliques et le mode de vie moderne.
Longtemps dominés par l’alcool et les hépatites virales, les facteurs de risque évoluent. Aujourd’hui, ce sont les maladies métaboliques liées à notre mode de vie qui sont principalement en cause : alimentation trop riche en sucres et graisses (la fameuse western diet), produits ultra-transformés, sédentarité.
La chercheuse Anouk Charlot, post-doctorante à l’Inserm à Strasbourg, travaille précisément sur ces voies métaboliques. Après une thèse sur les macronutriments, elle explore aujourd’hui de nouvelles cibles thérapeutiques contre le cancer du foie, en testant des approches sur cellules et modèles précliniques. Un travail de longue haleine, où seulement quelques pistes sur une centaine aboutissent.
En attendant les avancées thérapeutiques, les meilleures armes restent simples et accessibles : une alimentation plus équilibrée, une consommation modérée d’alcool et une activité physique régulière (même la marche quotidienne !).




